Naissance d'une légende

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« Au faîte de la gloire de ma mère, au cours des mois puis des années qui ont suivi Bonjour tristesse,
la légende avait pris une telle ampleur qu’elle avait pratiquement phagocyté son nom et le fait qu’elle
était écrivain. » (Denis Westhoff, Sagan et fils, Stock, juin 2012)
Françoise Sagan est l’auteur d’une vingtaine de romans parmi lesquels Un certain sourire, Aimez-vous Brahms, La chamade, Des bleus à l’âme, Un orage immobile…, de plusieurs nouvelles, pièces de
théâtre (Château en Suède obtient le Prix du Brigadier en 1960), adaptations cinématographiques et scénarios, d’une biographie de Sarah Bernhardt, d’un Journal (Toxique), de mémoires, de livres d’entretiens, de chansons et de nombreux articles… Son premier roman, Bonjour tristesse, écrit durant l’été 1953 et publié aux éditions Julliard l’année suivante, en mars, révèle une écriture percutante qui
a recours aux phrases courtes, lapidaires dont le ton est d’une telle originalité que le livre obtient à sa sortie le prix des Critiques décerné par un jury prestigieux (Jean Paulhan, Maurice Nadeau, Georges Bataille, Marcel Arland, Roger Caillois) ; et connaît un succès de librairie immédiat en France, puis à l’étranger. Jugé licencieux par certains, le roman fait scandale, la presse s’empare de la jeune femme
qui devient une vedette de la littérature française. Elle a 19 ans. « (…) Pour les trois quarts des gens,
le scandale de ce roman, c'était qu'une jeune femme puisse coucher avec un homme sans se retrouver enceinte, sans devoir se marier. Pour moi, le scandale dans cette histoire, c'était qu'un personnage
puisse amener par inconscience, par égoïsme, quelqu'un à se tuer. » dira l’écrivain des décennies plus tard dans une interview. Otto Preminger adapte Bonjour Tristesse au cinéma. Il tourne avec Jean Seberg,
David Niven, Deborah Kerr, Mylène Demongeot ; le film sort sur les écrans en 1958.
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