Sélection 2019
du Prix
Françoise Sagan

 


Le matin est un tigre, Constance Joly

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Cela fait des mois qu’Alma voit sa vie se hérisser de piquants : sa fille souffre d’un mal étrange et s’étiole de jour en jour. Les traitements échouent et les médecins se résolvent à diagnostiquer une tumeur. Mais Alma n’y croit pas, il y a autre chose, pressent-elle. Elle a très nettement la vision d’un chardon, qui empêcherait sa fille de respirer. Son mari lui répond qu’elle n’est pas dans un roman de Boris Vian. Mais à quelques heures de l’intervention censée guérir sa fille, ses intuitions persistent. Il ne faut pas opérer. Qui pourrait la sauver ? Elle, peut-être ?

Constance Joly met en scène, dans une langue merveilleusement imagée, l’histoire d’une femme qui découvre ce qu’elle a transmis, malgré elle, à son enfant. Le matin est un tigre, parce que chaque jour est un combat, un assaut, et qu’il faut s’en débrouiller.

Constance Joly travaille dans le domaine de l'édition de livre depuis une vingtaine d'années et vit en région parisienne avec sa famille. Le matin est un tigre est son premier roman.


Dossier de presse

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Le sort tomba sur le plus jeune, Sophie Blandinières

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«Je suis là pour nager, pour couler, pour sortir de l’eau casquée et en colère. Je suis venue empêcher que des enfants soient inhumés avec les faits sans clairons. On leur doit bien une oraison funèbre. Je suis venue porter plainte. Je suis venue réveiller les petits cadavres, leur prêter ma voix de stentor, faire une chaîne avec eux et nous allonger sur les places, sur les routes, nous suspendre aux nuages, nous jeter avec la pluie, menacer enfin, troubler l’ordre public en étant simples et laids, pitoyables et repoussants, prêts à horrifier.»

C’est une histoire d’enfants, dont elle fut, qui ne grandiront jamais comme les autres, prisonniers à perpétuité de ces années où ils ont été les jouets de prédateurs, pédophiles ou parents incestueux. Pour les raconter tous, Sophie Blandinières livre un roman aussi brûlant qu’une déposition collective.

Sophie Blandinières travaille dans l'édition depuis vingt ans pour différentes maisons.
Le sort tomba sur le plus jeune est son premier roman


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Nietzsche au Paraguay, Nathalie et Christophe Prince

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Qui connaît vraiment l’histoire de la Nueva Germania ?
Paraguay, 1886. Virginio Miramontes, un aventurier solitaire, est recueilli en pleine jungle dans une étrange colonie peuplée d’une poignée de familles allemandes. C’est l’utopie aryenne réalisée d’Elisabeth Nietzsche, sœur du célèbre philosophe, et de son mari, le lugubre docteur Förster, rêvant de reconstruire l’Allemagne nouvelle.
Antisémitisme délirant, plans d’expansion démesurés… Rien ne marche comme prévu. La maladie rôde, la faim guette, la violence s’installe.
Perdue dans ce microcosme entouré de barbelés, Elisabeth tient à son frère le journal fantasmé de leur succès, passant ses jours à attendre ses réponses.
Nietzsche au Paraguay révèle une face cachée de l’Histoire, celle d'une illusion folle, présages des massacres nazis quelques années plus tard.

Christophe Prince et Nathalie Prince sont tous deux professeurs de philosophie, romanciers et essayistes. Sous le pseudonyme de Boris Dokmak, Christophe Prince a publié deux romans, dont La Femme qui valait trois milliards (Ring).

Dossier de presse

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Comment tout a commencé, Philippe Joanny

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Paris, rue d’Austerlitz, 1979. A l’Hôtel de Bourgogne, la vie s’écoule, rythmée par les allées et venues des clients, des voisins, des employées : M. Boulanger, occupant à vie de l’hôtel, Maria, femme de chambre épouse d’un braqueur, les filles qui tapinent au coin de la rue, Jacky, barman au célèbre cabaret de travestis Chez Michou… Complexée par son poids, colérique, Annick tient comme elle peut son hôtel et son mari, Gérard, une brute alcoolique et raciste qui baise tout ce qui bouge. Sans oublier ses enfants, Rémi et puis l’aîné, qu’elle surnomme Jean de la Lune. Celui-là n’est pas le fils espéré, toujours ailleurs, pas dans les clous, ce garçon qui rêve de devenir majorette… Un mercredi de septembre, à l’heure du déjeuner, la police embarque la patronne pour proxénétisme. Il voit sa mère monter dans le panier à salade. C’est le déclic. La fin de l’enfance. Son père, devenu groupie de Jean-Marie Le Pen, le fils le hait si fort qu’il souhaite et planifie sa mort. Comment faire lorsqu’on découvre que l’on n’est pas dans la norme virile imposée et qu’au même moment l’homosexualité devient synonyme du « cancer gay », le sida ? Comment affronter l’homophobie de l’époque ? Comment se construire quand on ne se demande pas ce que sera sa vie, mais à quoi ressemblera sa mort ? La peinture émouvante et terrible d’une période charnière, dont les drames croisent ceux d’une adolescence pas comme les autres. Et une bouleversante voix d’enfant, sa mue poignante et, malgré tout, vitale.

Dossier de presse
 


L'enlèvement des Sabines, Émilie de Turckheim

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Pour son pot de départ, Sabine reçoit une sex doll. Stupéfaite, la jeune femme rentre chez elle accompagnée de sa poupée aux seins démesurés et au visage figé de manga. Un renversement s’opère face à cette étrange colocataire convoitée et confortablement installée. D’un naturel effacé, Sabine se confie et pas à pas s'impose dans le jeu mortifère de son couple avec Hans – un metteur en scène mondialement connu pour ses spectacles ultra réalistes, encensé par toute la critique qui veut y lire une dénonciation de la violence. Pourtant en coulisse sévit un monstre féroce protégé par son charme, son succès et son aura de créateur génial. Avec impertinence et humour, L’Enlèvement des Sabines démonte la mécanique des rapports de force et opère une libération, aux confins du meurtre et de la folie.

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Les impatients, Maria Pourchet

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« Reine est devenue ravissante. Un visage, une chevelure, une allure à boire à l’œil dans tous les bars de métropoles. Encore qu’elle en ait peu profité, elle n’est pas sortie ces six dernières années. Il faut savoir ce que l’on veut. » À 32 ans, pas d’enfants mais beaucoup de diplômes, Reine, fraîchement débauchée d’un poste opérationnel, en occupe déjà un autre. Mais voici qu’elle se lasse — ou se réveille — et des sentiers battus de la réussite, décampe. Laissant sur place le salariat, les escarpins, la fierté de ses parents. La voilà libre de s’inventer un avenir. À ses côtés, un triomphe de la République, Étienne. Parti de la classe ouvrière, recalibré dans une fabrique d’élites, il trépigne sous les ordres d’un PDG increvable, certain qu’à sa place il ferait beaucoup mieux. Et puis Pierre, un mari raisonnable. Et bientôt Marin, une passion trouvée au bon moment – ou au pire, tout dépend ce qu’on attend de l’amour. Dans cette radiographie d’une époque et d’un milieu, on retrouve l’écriture vive de Maria Pourchet ainsi que son talent d’ironiste, tempéré, pour cette romance, par une vraie tendresse.

Dossier de presse
 


Les enténébrés, Sarah Chiche

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Automne 2015. Alors qu’une chaleur inhabituelle s’attarde sur l’Europe, une jeune femme se rend en Autriche pour écrire un article sur les conditions d’accueil des réfugiés. Elle se prénomme Sarah, elle est aussi psychologue, elle vit à Paris avec Paul, un intellectuel connu pour ses écrits sur la fin du monde. À Vienne, elle rencontre Richard, un musicien mondialement célébré. Ils se voient. Ils s’aiment. Elle le fuit puis lui écrit, de retour à Paris. Il vient la retrouver. Pour Sarah, c’est l’épreuve du secret, de deux vies menées de front, qui se répondent et s’opposent, jusqu’au point de rupture intérieur : à l’occasion d’une autre enquête, les fantômes de Sarah vont ressurgir. S’ouvre alors une fresque puissante et sombre, où le mal familial côtoie celui de l’Histoire en marche, de la fin du XIXe siècle aux décombres de la Deuxième Guerre mondiale, de l'Afrique des indépendances à la catastrophe climatique de ce début de millénaire.

Dossier de presse

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Vigile, Hyam Zaytoun

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Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. La fatigue, l’inquiétude, elle a tellement besoin de dormir... il se moque sans doute de ses ronflements. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque. 
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort. Comment raconter l’urgence et la peur ? La douleur ? Une vie qui bascule dans le cauchemar d’une perte brutale ? Écrit cinq ans plus tard, Vigile bouleverse par la violence du drame vécu, mais aussi la déclaration d’amour qui irradie tout le texte. Récit bref et précis, ce livre restera à jamais dans la mémoire de ceux qui l'ont lu.

Extraits de presse

Site de l'éditeur
 


Arcadie, Emmanuelle Bayamack-Tam

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La jeune Farah, qui pense être une fille, découvre qu’elle n’a pas tous les attributs attendus, et que son corps tend à se viriliser insensiblement. Syndrome pathologique ? Mutation ou métamorphose fantastique ? Elle se lance dans une grande enquête troublante et hilarante : qu’est-ce qu’être une femme ? Un homme ? Et découvre que personne n’en sait trop rien. Elle et ses parents ont trouvé refuge dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au nouveau monde, celui des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Et Farah grandit dans ce drôle de paradis avec comme terrain de jeu les hectares de prairies et forêts qu’elle partage avec les animaux et les enfants de la communauté qui observent les adultes mettre tant bien que mal en pratique leurs beaux principes : décroissance, anti-spécisme, naturisme, amour libre et pour tous, y compris pour les disgraciés, les vieux, les malades.
Emmanuelle Bayamack-Tam livre un grand roman à la fois doux et cruel, comique, et surtout décapant, sur l’innocence et le monde contemporain. Farah, sa jeune héroïne, découvre l’amour avec Arcady, le chef spirituel et enchanteur de ce familistère. Elle apprend non seulement la part trouble de notre identité et de notre sexualité, mais également, à l’occasion d’une rencontre avec un migrant, la lâcheté, la trahison. Ce qui se joue dans son phalanstère, c’est ce qui se joue en France à plus grande échelle. Arcady et ses ouailles ont beau prêcher l’amour, ils referment les portes du paradis au nez des migrants. Pour Farah c’est inadmissible : sa jeunesse intransigeante est une pierre de touche pour mettre à l’épreuve les beaux principes de sa communauté. Comme toutes nos peurs et illusions sur l’amour, le genre et le sexe.

Site de l'éditeur
 


Le discours, Fabrice Caro

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«Tu sais, ça ferait très plaisir à ta soeur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.»
C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au texto qu’il vient d’envoyer à son ex. Vivre en même temps un chagrin d’amour et les obligations familiales, c’est être seul au monde.
Un récit désabusé et ironique, romantique et touchant, mais avant tout hilarant.

Site Gallimard
 


Monsieur Viannet, Véronique Goaziou

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Monsieur Viannet a cinquante ans. Il vit avec sa femme dans un minuscule appartement glacial, du côté de Bastille, où les courants d’air ne chassent plus l’odeur du tabac. Monsieur Viannet a autrefois été bel homme. Monsieur Viannet a autrefois été sportif. Monsieur Viannet a fait l’armée. Monsieur Viannet a des enfants qu’il ne voit plus. Monsieur Viannet, surtout, a été acquitté
après avoir été accusé du meurtre de son père. Entre la prison et les foyers d’urgence, les centres d’accueil et les hôtels minables, Monsieur Viannet appartient à ce qu’il est convenu d’appeler le quart-monde, peuplé de SDF, de marginaux, de coeurs brisés trop tôt. Sa solitude est devenue absolue. Même sa femme n’est plus qu’un témoin de son passé, une accusatrice muette. Nous pourrions très bien croiser Monsieur Viannet dans la rue mais Monsieur Viannet ne sort plus. Il a ses cigarettes qu’il fume à la chaîne, ses bières qu’il vide du matin au soir, son écran plat qu’il n’éteint jamais et qui renvoie, comme un miroir, l’absurdité du monde.
Monsieur Viannet est, que cela nous plaise ou non, notre exact contemporain. En face de lui, la narratrice. Elle est chargée par un centre de réinsertion d’évaluer ce que deviennent les anciens résidents dont Monsieur Viannet a fait partie. C’est elle qui pose des questions. C’est elle, malgré
sa rigueur professionnelle, qui se laisse hanter par le désespoir radical de Monsieur Viannet, jusqu’à la tragédie finale.
Sociologue de formation, Véronique Le Goaziou se révèle ici avant tout un remarquable écrivain. Monsieur Viannet est un roman presque entièrement dialogué où l’essentiel, pourtant, se joue entre les lignes. La parole d’Alexandre Viannet trace les contours tristement banals d’une vie vouée à l’échec, d’une vie perdue d’avance. Mais grâce au talent de l’auteur, ce qui apparaît en creux, dans ce roman âpre et tendu, c’est à la fois l’envers de la société d’aujourd’hui et une interrogation sans réponse sur la condition humaine. Avec Monsieur Viannet, Véronique Le Goaziou nous
fait rôder à chaque instant, la gorge serrée, du côté deBeckett et de Kafka.

Revue de presse